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Étude

Travail actuel et expérience personnelle en Amérique latine
Rev. Eladio Medina

Étude présenté à l’assemblée générale de l’UMA à Dalfsen, Pays-Bas, avril 2004

« J’ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil; et voici, les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console!  Ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console! » (Ecclésiaste 4:1)

Nous vivons des temps de crise
Crise politique: Les dirigeants ont, en grande mesure, perdu leur crédibilité.

Crise de confiance universelle: Après la destruction des ‘twin towers’  (9/11) et l’augmentation constante de nouvelles attaques, dans le monde entier, les gens vivent dans la peur.  La misère de beaucoup de nations devient de plus en plus évidente.  Faim et pauvreté sont en train de détruire des nations entières.  Le pire est que l’Église, elle aussi, est saisie par la crise.

David Bosch, dans son livre “Transformation in Missions” remarque que cette crise se manifeste dans les domaines suivants:

  • La foi est en train de devenir superflue: « Le progrès de la technologie et de la science, ensemble avec la sécularisation universelle progressive semble avoir rendu la foi en Dieu superflue. »
  • La mission est de moins en moins chrétienne: « Le fait suivant est en rapport avec le précédant : le monde occidental (selon la tradition, non seulement à l’origine du christianisme catholique et protestant, mais aussi à la base du mouvement missionnaire moderne), ce monde occidental est en train de se déchristianiser.
  • Mise en question des stéréotypes traditionnels: le monde actuel n’est pas divisé en un monde chrétien et un monde non chrétien séparés par un océan.  Vu la déchristianisation de l’Occident et les multiples migrations religieuses, nous vivons actuellement dans un monde pluraliste, où l’islam, le bouddhisme et d’autres religions co-existent côte à côte.  La proximité des autres religions a poussé les chrétiens à réexaminer leur idée toute faite de ces religions.  En même temps, les adhérents de ces religions ont une approche missionnaire plus attractive et plus agressive que les missionnaires chrétiens.

Le triomphalisme de l’Église du dernier siècle, dont certains écrits ont annoncé que le monde serait atteint par la Parole vers les années 1990, a été prouvé erroné.  Des auteurs ont écrit cela sous des titres comme « The Vital Force of the Gospel » (La force vitale de l’Évangile) et « The Living Christ and the Moribund Paganism » (Le Christ vivant et le paganisme moribond).  Aujourd’hui, nous nous réalisons combien ils se sont trompés, puisque les chrétiens sont toujours une minorité tandis que le paganisme manifeste une vigueur que personne n’aurait voulu admettre, il y a quelques années.

  • Voici, quelques statistiques montrant la situation actuelle.  (graphiques)

Cette situation ne devrait ni nous effrayer ni paralyser nos efforts.  Au contraire, l’Église devrait voir l’état actuel de notre société comme un défi, un appel à la mission mondiale.  Nous devrions de mieux en mieux comprendre les principes fondamentaux de la Bible et reconnaître que la foi chrétienne est essentiellement missionnaire par son engagement universel.

La région d’Amérique latine voit cette réalité à l’aide des progrès technologiques comme l’Internet, les émissions de 24 heures à la télé, les bourses d’étude accordées par plusieurs universités.  Suite à des voyages personnels, en visitant les missionnaires dans leur champ, nous avons fait connaissance avec la réalité d’un monde sans Christ.

En vue de tout cela, nous ne pouvons pas nous justifier devant le Seigneur, sous le prétexte d’ignorer la réalité autour de nous.

Nous désirons ardemment vivre l’expérience d’un Évangile de consécration totale à l’expansion du royaume de Dieu, en revivant la vérité que Jésus a partagée avec ses disciples que « les champs blanchissent déjà pour la moisson ».  Nous connaissons trop bien les besoins de nos peuples, la pauvreté spirituelle et l’idolâtrie qui inondent leur être par le désespoir.

La région d’Amérique latine est en train d’établir des structures pour mobiliser des missionnaires et faciliter l’envoi de ceux qui sont bien préparés au point de vue doctrinal comme au point de vue de leur travail transculturel.  Notre expérience en Amérique latine nous pousse à nous unir, afin d’envoyer des équipes internationales de missionnaires avec une double profession, dans les pays du « 10/40 window ».  Nous pouvons les envoyer, coordonner le travail et les supporter spirituellement et financièrement.  Nous croyons que nous pouvons trouver les gens qualifiés dans nos pays.  Ces dernières années, nous avons prouvé que les missionnaires latins sont capables et ont gagné les cœurs de beaucoup de groupes de peuples dans les pays du « 10/40 window ».  Ceci a eu lieu, même à des moments de crise et de pauvreté parmi eux.  Nous en sommes aussi émerveillés que les gens venant des pays de l’ancien monde.

Notre expérience avec  AMACOS  (Southern Cone Alliance Missionary Agency), qui investit $ 40.000 par an et soutient deux familles missionnaires en Bolivie, depuis 15 ans, ainsi qu’un couple au Paraguay, cette expérience nous a convaincus que nous sommes bien capables de collaborer, indépendamment de ce que chaque pays peut faire individuellement.

Par exemple, le Pérou investit $ 150.000 par an, soutenant 32 missionnaires.  Le Chili, avec plus de $ 100.000 par an, soutient 5 couples et 4 missionnaires célibataires.  Le Brésil soutient 5 couples.  L’Argentine investit dans 4 couples et deux missionnaires célibataires.  De même, la Colombie et l’Equateur commencent à investir dans un couple chacun pour la mission transculturelle.

Toute cette organisation et la mobilisation de nouveaux missionnaires seraient impossibles si nous n’avions pas, dans chacun des pays, une structure, un département missionnaire, avec du personnel à plein-temps.  Ceci nous permet d’engager les pasteurs et les églises dans l’effort missionnaire et d’investir dans les missionnaires avant, pendant et après qu’ils aient quitté leur pays natal pour travailler à l’étranger.  Nous les aidons dans les domaines suivants :

  • Formation théologique
  • Formation professionnelle
  • Apprentissage de langue
  • Problèmes de santé
  • Adaptation à la vie transculturelle
  • Problèmes émotionnels
  • Vie familiale
  • Situation financiaire
  • etc.

L’église locale est le grand partenaire du Département missionnaire national : Ils prient, ils donnent, ils promettent des hommes et des femmes avec des ministères éprouvés et une vision claire de leur appel à servir dans une autre culture.  L’église locale était la première à supporter le travail missionnaire à l’étranger.  Dans quelques cas, elles ont même envoyé leurs propres pasteurs au champ missionnaire, tristes de les voir partir, mais réjouies de leur obéissance.


La structure de notre administration nationale est la suivante:

  • Département national de la mission
  • Directeur national à plein-temps
  • Équipe logistique soutenant le département national de la mission   
  • Le pasteur qui, dans son église locale, fait la publicité et soutient activement la mission mondiale
  • Un diacre de la mission qui stimule la mission dans son église locale
  • Un comité missionnaire dans l’église locale qui assiste chaque département de l’église dans sa vision missionnaire mondiale  

Le résultat de cette structure nationale administrative sera:

  • Une Église avec une vision, consacrée à la mission mondiale
  • Un collège de pasteurs qui soutiennent le comité national de la mission
  • Un groupe de candidats prêts à être envoyés au champ missionnaire par le département de la mission
  • Des laïcs offrant leur service au département de la mission pour être envoyés en mission pendant une période limitée
  • Augmentation des dons promis par la foi, dans la mesure où les églises locales continuent à comprendre et à jouer leur rôle dans la mission étrangère.
  • Alors…nous pourrons, dans l’unité, gagner un monde pour Christ, en allant dans le monde entier, selon ce que Jésus a dit : « Comme le Père m’a envoyé, ainsi Je vous envoie dans le monde. »

Conclusion

John Harvey, à l’époque Directeur de la C&MA en Europe, a écrit dans “What should we Expect” (1995 pour les réunions en Corée du Sud) concernant nos activités missionnaires:

  • Nous devrions achever la tâche.  Nous avons comme soutien et encouragement les Écritures, ainsi que 200 ans de progrès extraordinaires.
  • Le prix sera de plus en plus élevé.  Ceci deviendra manifeste par des cas évidents de persécution violente à cause de l’Évangile.
  • Le monde musulman fera tout pour empêcher l’avancement de l’Évangile.  Après 10 ans de tels messages, notre réaction aux événements est encore toujours lente, tandis que les fausses religions avancent.  Nous, les Latins, nous relevons le défi et prenons des pas audacieux.  Mais, il faut travailler encore plus vite, organiser et préparer une grande armée afin d’achever la tâche que le Seigneur nous confie.
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Rev. Eladio MedinaSur l’auteur

Rev. Eladio Medina est actuellement coordinateur de l’UMA pour l’Amérique latine.  Cette étude était présentée pendant l’assemblée générale de l’UMA, à Dalfsen/Pays-Bas, au mois d’avril 2004.

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